Cet article s'inspire d'un reportage publié par Le Canada Français le 14 juin 2026. Lire l'article original
Recevoir des soins à l'urgence est une expérience difficile pour n'importe quel adulte. Pour un enfant, c'est une autre dimension. Les bruits inconnus, les lumières vives, les blouses blanches, les piqûres : chaque élément peut déclencher une anxiété intense qui rend les soins plus difficiles à donner, et plus douloureux à recevoir.
C'est ce constat, vécu depuis 26 ans derrière les portes de l'urgence de l'Hôpital du Haut-Richelieu, à St-Jean-sur-Richelieu, au Québec, qui a poussé la Dre Marylène Crépin à chercher une autre façon de faire. Et c'est le petit ourson thérapeutique Béké-Bobo qui a marqué le début de ce changement.
La Dre Crépin et le début d'une idée
En 2022, la Dre Crépin se réveille avec une conviction : on peut faire mieux pour les enfants qui arrivent à l'urgence. « Je me suis réveillée un matin en me disant : il me semble qu'on pourrait faire quelque chose de mieux pour les enfants. Il y a des salles directement derrière nous et on entend des enfants qui pleurent, qui crient, qui ont peur », confie-t-elle.
Sa première action concrète : distribuer des oursons thérapeutiques Béké-Bobo aux enfants plus anxieux, ou à ceux qui devaient subir une intervention inconfortable. Ces oursons thérapeutiques, classés comme instrument médical par Santé Canada et l'Union européenne, ont rapidement montré leur effet apaisant. Leur secret réside dans un mélange de céréales breveté intégré à l'intérieur : chauffé 30 secondes au micro-ondes, il libère une chaleur douce et humide qui apaise. Placé au congélateur deux heures - ou laissé en permanence dans un sac hermétique -, il offre un froid thérapeutique pour les petits bobos et les douleurs localisées.
Le succès a été au rendez-vous. Alors l'équipe s'est posé la question suivante : que peut-on faire de plus ?

Le programme Tout doux : une approche médicale qui change la donne
En cherchant des ressources, la Dre Crépin et ses collègues sont tombés sur le programme Tout doux, une initiative développée par le CHU Sainte-Justine à Montréal. Ce programme, né en 2021, vise à prévenir et atténuer la douleur et l'anxiété procédurales chez les jeunes patients, en outillant autant les soignants que les parents.
L'approche repose sur quatre piliers :
L'approche psychologique mise sur la distraction et la communication adaptée pour réduire l'anxiété avant et pendant les soins. Une simple conversation bien menée, ou un petit objet réconfortant entre les mains d'un enfant, peut faire toute la différence.
L'approche physique propose de placer l'enfant dans une position de confort pendant les interventions. S'asseoir sur le genou d'un parent plutôt que d'être allongé seul sur une table, par exemple, change complètement le vécu de l'enfant.
La prévention consiste à anticiper la douleur en cherchant des alternatives avant même que le soin ne commence : peut-on remplacer une piqûre par une autre méthode ? Peut-on atténuer l'inconfort à venir avec une crème anesthésiante ?
L'approche pharmacologique, enfin, intègre des médicaments analgésiques ciblés pour réduire l'inconfort avant, pendant ou après une intervention, selon les besoins de l'enfant.
Le CHU Sainte-Justine offre désormais des formations à d'autres établissements pour déployer cette démarche. Une première moitié du personnel de l'urgence du Haut-Richelieu a suivi cette formation vers la fin de 2024.
Ce que ça change concrètement, selon les soignants
Vicky Laviolette, cheffe de secteur de l'urgence de l'Hôpital du Haut-Richelieu, est directe sur les résultats. « De voir qu'il y a un projet en place, une approche vraiment maîtrisée par les infirmières, ça fait qu'il y a un lien de confiance avec le parent, ce qui permet que les soins soient plus faciles à faire. L'enfant va être moins porté à vouloir se débattre. Quand on donne des soins pédiatriques, on donne des soins à une famille », résume-t-elle.
Le taux de réussite des interventions, notamment les piqûres et les gestes similaires, est plus élevé qu'avant. Ce n'est pas anodin. Un enfant qui résiste, stressé et en pleurs, c'est aussi un soin plus long, plus épuisant pour le personnel et, souvent, moins bien réalisé.
La Dre Crépin souligne un autre enjeu, plus à long terme : « Il y a des études derrière ça qui montrent qu'un enfant traumatisé quand il vient à l'urgence va, plus tard, éviter les soins. Ça va être un enfant qui ne voudra pas aller chez le dentiste. Qui ne voudra pas recevoir de vaccins. Si on est capables de faire en sorte qu'ils soient plus rassurés quand ils viennent ici, ça va leur permettre de continuer à avoir des soins dont ils auront besoin tout au long de leur vie. »
Un don de 15 000 $ pour aller encore plus loin
Grâce à un don de 15 000 $ de la Fondation Santé du Haut-Richelieu-Rouville, l'urgence de l'hôpital s'est récemment équipée de jouets, de jeux et d'éléments de décoration pensés pour rendre l'environnement moins anxiogène. Des illustrations « cherche et trouve » ont été installées sur les murs et au plafond. Dans la salle de réanimation, des tuiles peintes par des élèves du secondaire égaient un espace qui était auparavant aussi froid visuellement qu'il peut l'être émotionnellement.
Un masque à gaz utilisé en chirurgie a même été repensé pour que l'enfant le tienne lui-même contre son visage, lui rendant une forme d'autonomie dans un moment qui lui échappe complètement d'habitude.
Ce programme, au départ centré sur l'urgence, s'étend maintenant à d'autres services du CISSS de la Montérégie-Centre : la pédiatrie, les centres mère-enfant, les points de services locaux.
Pourquoi cela dépasse le cadre d'un seul hôpital
Ce qui se passe à Saint-Jean-sur-Richelieu reflète un mouvement plus large dans les soins pédiatriques. Les équipes soignantes prennent de plus en plus conscience que l'expérience émotionnelle d'un enfant à l'hôpital a des conséquences réelles sur sa santé future. Les ressources en distraction, le positionnement de confort, le soutien des parents : tout cela n'est pas du « bonus ». C'est une composante à part entière des bons soins.
La Dre Doyon-Trottier, pédiatre urgentiste au CHU Sainte-Justine qui coordonne le programme Tout doux à l'échelle nationale, le dit clairement : « Ces cinq dernières années, on a vraiment vu un changement de culture dans notre institution. Une personne formée et outillée a plus de chance de réussir à poser un cathéter ou à faire des points de suture. »
À ce jour, le programme a permis la formation de plus de 4 400 professionnels de la santé au Canada pour donner des soins en douceur aux jeunes enfants.

Le rôle de Béké-Bobo dans cet écosystème
L'ourson Béké-Bobo n'est pas arrivé par hasard dans les mains de la Dre Crépin. Il est conçu depuis plus de 25 ans pour offrir un réconfort à la fois thermique et sensoriel, classé comme instrument médical par Santé Canada et l'Union européenne. Ce n'est pas une peluche ordinaire : c'est un complément de soulagement et de confort développé pour être utilisé en contexte de douleur ou d'anxiété, avec des propriétés chaud-froid actives grâce à son mélange de céréales breveté.
Là où d'autres produits diffusent de la chaleur sèche, la pochette de céréales de Béké-Bobo libère une chaleur douce et humide en 30 secondes au micro-ondes. Cette chaleur réconfortante est la même qui reproduit, en quelque sorte, la sensation d'une compresse chaude posée avec soin par une main bienveillante. Au froid, après deux heures au congélateur dans un sac hermétique, il offre un apaisement localisé sans contact brusque.
À l'urgence du Haut-Richelieu, ce n'est pas le hasard qui le place entre les mains d'une médecin : c'est le fruit de 26 ans d'histoire, de 1,4 million de parents qui font confiance à ce petit ourson, et d'une conception pensée pour les moments les plus vulnérables.
Votre établissement veut soigner les enfants autrement ?
Ce qui a commencé avec un ourson et une idée a transformé l'expérience des soins pour des centaines d'enfants à Saint-Jean-sur-Richelieu. La même démarche peut trouver sa place dans n'importe quel service de pédiatrie ou d'urgence, en France comme ailleurs.
Si vous êtes professionnel de santé, coordinateur de soins ou responsable d'une fondation hospitalière, Béké-Bobo accompagne ce type d'initiative avec plaisir.
Écrivez-nous à web@bekebobo.com pour en parler.
